Vous avez une société domiciliée à Genève, une adresse « chez un fiduciaire », un administrateur qui passe une fois par trimestre, et vous vous dites que ça ira. Jusqu’au jour où une banque vous demande « qui décide vraiment ? », ou qu’un contrôle tombe et qu’on vous réclame des preuves de présence réelle.
La domiciliation, ce n’est pas juste une plaque sur une boîte aux lettres. Et la « substance », ce n’est pas un mot à la mode. C’est devenu un test très concret: est-ce que votre société existe vraiment en Suisse, ou est-ce qu’elle fait semblant ?
Dès 2026, avec le registre fédéral de transparence (TranspaReg) et la pression accrue sur l’identification des ayants droit économiques, les montages « légers » vont se faire repérer plus vite. Résultat? Les entreprises sérieuses vont devoir documenter proprement leur réalité opérationnelle. Les autres vont se faire coincer… souvent au pire moment: ouverture de compte, renouvellement de relation bancaire, audit, vente, ou bouclement.
Je vous explique ce qui change, ce que les autorités et les banques regardent, et comment vous mettre en ordre sans transformer votre PME en usine à papier.
Qu'est-ce que la domiciliation et la substance en Suisse ?
La domiciliation, c’est l’adresse officielle inscrite au Registre du commerce. Point. Elle peut être:
- au siège réel (vos bureaux, votre atelier, votre cabinet)
- auprès d’un prestataire (fiduciaire, centre d’affaires, avocat), avec un contrat de domiciliation
La substance, c’est autre chose. C’est la capacité à démontrer que la société:
- est dirigée depuis la Suisse (ou au moins depuis son siège déclaré)
- a une activité cohérente avec ce qu’elle annonce
- a des moyens (humains, matériels, organisationnels) proportionnés
Domiciliation simple vs domiciliation « à risque »
Une domiciliation auprès d’une fiduciaire genevoise n’est pas un problème en soi. On le fait tous les jours.
Ce qui devient problématique, c’est quand:
- l’adresse sert juste de façade
- personne ne sait expliquer qui fait quoi
- les décisions sont prises ailleurs, sans trace en Suisse
- la société encaisse et redistribue, sans logique opérationnelle
En pratique, beaucoup de PME découvrent le sujet quand la banque demande des justificatifs de substance. Et là, on panique, parce que « on a toujours fait comme ça ».
La substance: un faisceau d’indices, pas un seul document
Il n’existe pas un certificat officiel « substance OK ». On parle d’un faisceau d’indices:
- où se tiennent les décisions (PV, signatures, délégations)
- où travaillent les personnes (contrats, accès, outils)
- où sont les clients, les fournisseurs, les flux
- où sont les risques assumés (contrats, assurances, responsabilité)
Et oui, ça se prouve.
La réglementation dès 2026 : transparence, obligations et contrôles
Dès 2026, la Suisse renforce la transparence sur les structures de détention et l’identification des ayants droit économiques. Le point central, c’est la montée en puissance du registre fédéral de transparence, souvent appelé TranspaReg.
Ce n’est pas juste « une formalité de plus ». C’est un changement de posture: on passe d’un système où l’information est dispersée (banques, fiduciaires, registres cantonaux) à un système où l’État veut une vision plus directe.
(source: Registre suisse de transparence (Centre Patronal))
Ce que ça change pour une société à Genève
Concrètement, vous allez devoir être capable de:
- identifier et documenter l’ayant droit économique (ou les ayants droit)
- mettre à jour les informations quand la structure change
- répondre vite en cas de demande (banque, autorité, partenaire)
Et si vous avez une structure avec holding, actionnaires étrangers, trusts, fondations, ou des pactes d’actionnaires un peu « créatifs », attendez-vous à des questions.
Qui va contrôler ?
Ne vous focalisez pas uniquement sur « l’administration fédérale ». Les contrôles viennent souvent par ricochet:
- banques (onboarding, revue périodique, transactions atypiques)
- auditeurs (révision ordinaire ou restreinte, demandes de cohérence)
- autorités (Registre du commerce, autorités fiscales, autorités LBA selon les cas)
Et il y a un effet domino: si la banque bloque, tout le reste suit.
CO, obligations de tenue et cohérence documentaire
Le Code des obligations fixe les bases: organisation, comptabilité, conservation des pièces, responsabilité des organes.
(source: Code des obligations suisse (CO) – Fedlex)
Vous n’êtes pas obligé d’avoir une armée de collaborateurs. Par contre, vous devez pouvoir démontrer que la société est gérée sérieusement. Les PV inexistants, les signatures « au hasard », les contrats introuvables… c’est le genre de détail qui coûte cher.
TranspaReg : inscription, processus et risques
TranspaReg vise à centraliser des informations sur les ayants droit économiques. Le sujet est sensible, parce qu’il touche à la confidentialité, mais aussi à la crédibilité de la place.
(source: Réglementation : Pression, Reporting et Substance (economiesuisse))
Qui est concerné (en pratique)
Sans entrer dans des cas trop théoriques: si vous avez une SA ou une Sàrl, vous devez vous attendre à être dans le radar.
Les structures suivantes attirent particulièrement l’attention:
- sociétés de portefeuille (holding « pure »)
- sociétés de services avec facturation internationale
- sociétés avec actionnariat indirect (plusieurs étages)
- sociétés avec administrateurs « de papier »
Processus typique: ce qu’on vous demandera
Vous allez devoir être capable de produire, rapidement:
- organigramme de détention (clair, daté)
- identité des ayants droit économiques (pièces, justificatifs)
- explication de l’activité et des flux
- documents de gouvernance (statuts, PV, délégations)
Et attention au piège classique: l’organigramme « marketing » qui ne correspond pas aux contrats, ni aux flux bancaires.
Risques concrets si vous traînez ou si vous improvisez
On voit trois types de conséquences:
-
Bancaire: revue KYC qui s’éternise, limitation de transactions, voire résiliation de relation.
-
Opérationnel: impossibilité de signer un bail, de prendre un terminal de paiement, de travailler avec un gros client.
-
Responsabilité: si les organes n’ont pas fait le job de transparence et de documentation, ça peut se retourner contre eux.
Je le dis franchement: le coût d’une mise en conformité tardive est presque toujours supérieur au coût d’une mise en place propre dès maintenant.
Présence réelle : critères et contrôles par les autorités
La « présence réelle » n’est pas un slogan. C’est ce qui permet de justifier que votre siège en Suisse n’est pas une coquille.
Les critères que les contrôleurs regardent vraiment
On peut regrouper ça en 6 blocs:
- Locaux: avez-vous un espace cohérent avec l’activité ? Une salle de réunion, un poste de travail, un accès ?
- Personnel: qui exécute ? qui décide ? contrats, fiches de poste, temps de travail.
- Direction effective: qui signe, qui négocie, qui engage la société ?
- Infrastructure: téléphone, informatique, outils, accès aux données.
- Comptabilité et facturation: tenue régulière, pièces, logique économique.
- Cohérence fiscale: lieu de création de valeur vs lieu d’imposition.
Vous remarquez un point: on ne parle pas seulement d’adresse. On parle d’organisation.
Anecdote de terrain: le « siège » sans personne
Cas vu à Genève: une société de conseil international domiciliée chez un prestataire, avec un administrateur suisse. Sur le papier, tout est propre.
Lors d’une revue bancaire, la question tombe: « Qui exécute les mandats ? »
Réponse: « Des consultants à l’étranger. »
Deuxième question: « Où sont les contrats de sous-traitance, les preuves de pilotage depuis Genève, les PV de décisions, les livrables ? »
Silence.
Résultat: relation bancaire sous pression, demandes documentaires en rafale, et une mise en place en urgence d’une vraie gouvernance (contrats, délégations, reporting). Ça se fait, mais dans la douleur.
Contrôles: ce qui déclenche une demande de preuves
Les déclencheurs typiques:
- changement d’actionnariat ou d’administrateur
- hausse soudaine du chiffre d’affaires
- flux internationaux sans explication simple
- activité annoncée « conseil » mais factures vagues
- absence de charges locales (pas de loyer, pas de salaires, pas de frais)
Une société peut être légère et parfaitement légitime. Mais si elle est légère, elle doit être très bien documentée.
Points de vigilance pour PME et sociétés de service
Les PME genevoises ne sont pas toutes des holdings exotiques. La plupart sont des boîtes normales: services, IT, négoce, consulting, immobilier, médical.
Et pourtant, les pièges sont souvent les mêmes.
1) La confusion entre « administrateur » et « direction effective »
Avoir un administrateur inscrit au Registre du commerce ne suffit pas si, en réalité:
- il ne décide de rien
- il ne comprend pas l’activité
- il signe sans contrôle
Un administrateur « prête-nom » est une très mauvaise idée. Pas seulement pour la conformité: pour sa responsabilité personnelle aussi.
2) Les sociétés de service: factures propres, substance floue
Les sociétés de service (conseil, IT, marketing, intermédiation) sont souvent ciblées parce que:
- les livrables sont immatériels
- les marges peuvent être élevées
- les flux sont internationaux
Si vous êtes dans ce cas, vous devez bétonner:
- contrats de mandat
- preuves de prestations (rapports, tickets, livrables)
- politique de prix (même simple)
- traçabilité des décisions
3) TVA: le détail qui révèle le reste
La TVA n’est pas le sujet principal ici, mais elle sert souvent de révélateur.
Si vous facturez en Suisse, vous devez appliquer les bons taux:
- 8,1 % (taux normal)
- 2,6 % (taux réduit)
- 3,8 % (taux spécial hébergement)
Une société domiciliée « légère » avec une TVA mal gérée, c’est le combo parfait pour attirer des questions. Et quand on commence à tirer le fil TVA, on tombe vite sur la substance.
4) Le piège du « tout est chez le prestataire »
Externaliser la comptabilité, le secrétariat, même une partie de l’administration, c’est normal.
Le piège, c’est quand:
- personne en interne ne sait expliquer les chiffres
- les pièces sont éparpillées
- les décisions ne sont pas formalisées
Externaliser ne veut pas dire déléguer la responsabilité.
(source: Portail PME – obligations de gestion et domiciliation)
Étape par étape: mettre votre société en conformité sans y passer vos nuits
Voici une méthode simple qu’on applique souvent chez Ark Fiduciaire quand un client veut « nettoyer » sa situation.
Étape 1 — Cartographier la structure de détention
- Listez les actionnaires directs.
- Remontez jusqu’aux personnes physiques.
- Notez les pourcentages, droits de vote, pactes.
Si vous avez un étage à l’étranger, documentez-le. Pas besoin d’un roman, mais il faut du solide.
Ark Fiduciaire
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Étape 2 — Décrire l’activité réelle (pas la brochure)
Écrivez en 10 lignes:
- qui sont vos clients
- où ils sont
- ce que vous vendez exactement
- qui exécute
- où se prennent les décisions
Si vous n’arrivez pas à le faire, c’est un signal.
Étape 3 — Vérifier la gouvernance
- Administrateurs: qui fait quoi ?
- Signatures: qui peut engager la société ?
- PV: fréquence, contenu, décisions clés.
Un PV annuel vide, ça ne convainc personne.
Étape 4 — Mettre en place un dossier « substance »
Un dossier unique, à jour, avec:
- organigramme
- statuts + extrait RC
- contrats clés
- PV et délégations
- preuves de locaux (bail, contrat de domiciliation)
- preuves de moyens (contrats de travail, prestataires, outils)
Étape 5 — Tester la cohérence bancaire
Posez-vous la question comme un compliance officer:
- Est-ce que les flux correspondent à l’activité ?
- Est-ce que les bénéficiaires des paiements sont logiques ?
- Est-ce que les justificatifs existent avant qu’on les demande ?
Étape 6 — Préparer la mise à jour TranspaReg
Quand le registre et ses modalités seront pleinement opérationnels, vous ne voudrez pas courir après des documents à l’étranger en 48 heures.
Anticipez.
Cas pratique chiffré (Genève): société de conseil B2B avec actionnariat international
Prenons un cas réaliste.
- Sàrl à Genève, conseil IT B2B
- 2 associés: 60% une personne physique résidente en France, 40% une personne physique résidente à Genève
- Chiffre d’affaires 2025: CHF 480'000
- Prestations réalisées par 2 freelances basés en France
- Domiciliation chez un prestataire, pas de bureau dédié
Ce qui coince
Sur le papier, la société est suisse. Dans les faits:
- les prestations sont exécutées à l’étranger
- la direction effective est floue (qui pilote les freelances ?)
- peu de charges en Suisse
La banque demande:
- contrats freelances
- preuves de pilotage depuis Genève
- PV de décisions
- justification de la marge
Mise en conformité pragmatique (et chiffrée)
- Locaux / présence
- prise d’un poste de travail + salle de réunion à Genève (contrat annuel)
- coût: CHF 9'600/an
- Gouvernance
- PV trimestriels (4/an) avec décisions: budget, validation des gros contrats, suivi des risques
- délégation écrite: qui engage les freelances, qui valide les factures
- coût fiduciaire (préparation + tenue): CHF 2'400/an
- Contrats et preuves de prestations
- contrats de sous-traitance cadrés (périmètre, confidentialité, propriété intellectuelle)
- mise en place d’un dossier livrables (rapports, tickets, comptes-rendus)
- coût juridique (forfait): CHF 3'000
- Cohérence financière
- budget simple + suivi mensuel
- comptabilité tenue mensuellement au lieu d’un gros bouclement
- surcoût comptable: CHF 1'800/an
Total année 1: CHF 16'800 (dont CHF 3'000 one-shot)
Le bénéfice réel
- revue bancaire qui passe sans blocage
- dossier prêt pour TranspaReg
- réduction du risque « siège fictif »
À notre avis, c’est le bon arbitrage: un coût raisonnable, et surtout une entreprise qui tient debout quand quelqu’un pose des questions.
Tableau 1 — Domiciliation vs substance: ce que vous devez pouvoir montrer
| Sujet | Ce qu’on vous demande souvent | Preuves typiques | Niveau de risque si absent |
|---|---|---|---|
| Adresse / siège | Où est le siège réel ? | bail, contrat de domiciliation, photos, accès | Moyen |
| Direction effective | Qui décide et où ? | PV, délégations, emails de validation, signatures | Élevé |
| Activité | Que vendez-vous exactement ? | contrats clients, offres, factures détaillées | Élevé |
| Moyens humains | Qui exécute ? | contrats de travail, mandats, organigramme opérationnel | Élevé |
| Comptabilité | Les chiffres sont-ils suivis ? | grand livre, pièces, rapprochements | Moyen |
| Flux bancaires | Les paiements sont cohérents ? | justificatifs, contrats, explications écrites | Élevé |
Tableau 2 — Documents à préparer selon votre profil
| Profil de société | Documents à avoir prêts | Point sensible typique |
|---|---|---|
| PME locale (clients Genève/VD) | bail, contrats clients, salaires, PV annuels | TVA et cohérence charges/CA |
| Société de service internationale | contrats, livrables, sous-traitance, PV trimestriels | direction effective et exécution à l’étranger |
| Holding / portefeuille | organigramme, pactes, décisions d’investissement, justificatifs de revenus | ayant droit économique et logique des flux |
| Négoce / trading | contrats fournisseurs, logistique, incoterms, assurances, preuves de livraison | marges, flux transfrontaliers, risques assumés |
Erreurs fréquentes (et comment les corriger sans tout casser)
Erreur 1 — « On a une adresse, donc on est bon »
Correction:
- gardez la domiciliation si elle est adaptée
- ajoutez des preuves de gestion réelle: PV, délégations, reporting
Erreur 2 — PV inexistants ou copiés-collés
Correction:
- faites des PV courts mais vrais
- notez 3 décisions concrètes: budget, gros contrat, gestion des risques
Erreur 3 — Organigramme faux ou incomplet
Correction:
- organigramme daté, signé, cohérent avec les contrats
- si une entité étrangère détient, documentez-la
Erreur 4 — Sous-traitance non cadrée
Correction:
- contrats de sous-traitance avec périmètre, confidentialité, propriété intellectuelle
- preuves de pilotage depuis Genève (validation, suivi)
Erreur 5 — Flux bancaires « bizarres »
Exemples:
- paiements à des tiers sans contrat
- retraits ou transferts sans justification
Correction:
- mettez une règle interne: pas de paiement sans pièce
- classez les justificatifs au fil de l’eau
Erreur 6 — Administrateur suisse qui ne maîtrise rien
Correction:
- clarifiez son rôle
- donnez-lui l’accès aux infos
- formalisez les décisions
Si l’administrateur n’est là que pour « faire joli », vous jouez avec le feu.
Checklist 1 — Dossier TranspaReg et transparence (prêt en 2 heures)
- Extrait du Registre du commerce à jour
- Statuts + éventuels règlements d’organisation
- Organigramme de détention (jusqu’aux personnes physiques)
- Pièces d’identité des ayants droit économiques (copie lisible)
- Justificatifs de domicile des ayants droit (si requis par vos partenaires)
- Pactes d’actionnaires / conventions pertinentes (si existants)
- Liste des administrateurs et signataires, avec rôles
- Note d’activité (10 lignes) + liste des principaux clients/fournisseurs
(source: Registre suisse de transparence (Centre Patronal))
Checklist 2 — Dossier substance (celui qui sauve quand la banque appelle)
- Contrat de bail ou contrat de domiciliation + preuve d’accès aux locaux
- Preuves de moyens: contrats de travail, mandats, sous-traitance
- PV récents (au moins 4 sur 12 mois si activité internationale)
- Délégations de signature et de pouvoirs (écrit)
- Contrats clients + factures détaillées
- Preuves de prestations (livrables, rapports, tickets, comptes-rendus)
- Comptabilité tenue régulièrement + rapprochements bancaires
- Politique simple de conservation des documents (qui garde quoi, où)
(source: Portail PME – obligations de gestion et domiciliation)
Checklist et FAQ : comment éviter les pièges et assurer la conformité
Vous voulez un test rapide? Posez-vous ces trois questions:
- Si votre banque vous appelle demain, pouvez-vous prouver qui contrôle la société en 24 heures ?
- Pouvez-vous expliquer, documents à l’appui, où se prennent les décisions ?
- Vos flux bancaires racontent-ils la même histoire que vos contrats ?
Si une réponse est « bof », on sait où travailler.
Ce que nous recommandons chez Ark Fiduciaire (position assumée)
À notre avis, la meilleure approche reste simple:
- une domiciliation propre (ou un siège réel)
- une gouvernance documentée (PV, délégations)
- une comptabilité suivie régulièrement
- un dossier substance prêt, pas bricolé
Ça évite les urgences, les blocages bancaires, et les discussions interminables.
FAQ (6 questions)
1) Une société peut-elle être domiciliée chez une fiduciaire à Genève sans bureau propre ? Oui. Mais vous devez compenser par une gouvernance solide et des preuves de direction effective. Si tout se passe à l’étranger et que Genève n’est qu’une adresse, ça devient fragile.
2) C’est quoi, concrètement, la « direction effective » ? C’est l’endroit où les décisions clés sont prises et documentées: validation des contrats, gestion des risques, choix des prestataires, politique de prix. Les PV et délégations sont vos meilleurs alliés.
3) Est-ce que TranspaReg va rendre mes informations publiques ? Le registre vise la transparence, mais l’accès et les modalités dépendent du cadre légal et des règles d’accès. Ce que vous devez retenir: vos informations devront être exactes, traçables et mises à jour. (source: Registre suisse de transparence (Centre Patronal))
4) On a des actionnaires étrangers: c’est un problème ? Non. Le problème, c’est l’opacité. Si la chaîne de détention est claire, documentée, et que l’activité est cohérente, ça se gère très bien.
5) Quels sont les signaux qui déclenchent une revue bancaire musclée ? Changements d’actionnariat, flux internationaux inhabituels, facturation vague, absence de charges locales, sous-traitance non documentée. Le déclencheur n’est pas toujours « grave », mais il faut pouvoir répondre vite.
6) On est une petite Sàrl: on doit vraiment faire des PV trimestriels ? Pas toujours. Pour une PME locale simple, un PV annuel bien fait peut suffire. Pour une société de service internationale ou une structure de portefeuille, des PV plus fréquents évitent les zones grises. C’est du pragmatisme, pas du formalisme.
(source: Nouvelles obligations LBA pour conseillers – EXPERTsuisse)