Registre fédéral de transparence et ayants droit économiques : cadre, procédures et risques pour SA et Sàrl en 2026

La généralisation du registre fédéral de transparence impose dès 2026 de nouvelles exigences aux SA et Sàrl en matière d'identification et de déclaration des ayants droit économiques. Cet article détaille le périmètre légal, les nouvelles obligations pratiques pour les organes, la gestion documentaire (registre des actions/parts sociales), les contrôles requis ainsi que les risques et sanctions en cas de manquement.

Par Ark Fiduciaire

Publié le 29/05/2026

Temps de lecture: 18min (3636 words)

Vous avez une SA ou une Sàrl à Genève ? Alors on va parler d’un sujet qui va vite devenir un classique des bouclements 2026 : l’identification, la déclaration et la documentation des ayants droit économiques (ADE) dans le cadre du registre fédéral de transparence.

Je vous le dis comme en rendez-vous : ce n’est pas « un papier de plus ». C’est un changement de réflexe. Avant, beaucoup d’entreprises se contentaient d’un registre des actions/parts sociales à jour « à peu près ». Demain, on vous demandera de prouver, noir sur blanc, qui contrôle réellement la société, et de l’annoncer selon les règles.

Et attention, le piège classique : croire que « c’est le notaire » ou « c’est la banque » qui s’en occupe. Non. La responsabilité retombe sur la société et ses organes.

(source: Loi fédérale sur la transparence des personnes morales et l’identification des ayants droit économiques (LTPM))

Nouvelles obligations d'identification, de déclaration et de documentation des ayants droit économiques : contexte légal 2026

Ce qui change concrètement en 2026 (et pourquoi on vous le demandera)

Le registre fédéral de transparence vise à centraliser l’information sur les personnes physiques qui, au final, contrôlent une personne morale. L’idée est simple : limiter les structures opaques, faciliter le travail des autorités et renforcer la traçabilité.

Pour vous, dirigeant ou administrateur, ça se traduit par trois obligations très concrètes :

  • Identifier l’ayant droit économique (pas seulement l’actionnaire inscrit, mais la personne physique derrière)
  • Déclarer ces informations au registre fédéral selon les modalités prévues
  • Documenter et conserver les preuves qui justifient votre analyse

Ce triptyque (identifier → déclarer → documenter) va devenir un point de contrôle naturel : lors d’un changement d’actionnariat, d’une restructuration, d’une entrée d’investisseur, et souvent… au moment du bouclement quand on met enfin le nez dans le registre.

Qui est concerné : SA, Sàrl… et les cas qui surprennent

En pratique, les sociétés de capitaux sont au premier plan : SA et Sàrl. Mais ce n’est pas « juste les grosses boîtes ». Une Sàrl familiale à Carouge avec deux associés est concernée autant qu’une SA avec un actionnariat international.

Les cas qui surprennent souvent :

  • Holding au-dessus d’une société opérationnelle genevoise
  • Actionnaire personne morale (une SA actionnaire d’une autre SA)
  • Actionnariat éclaté avec pacte d’actionnaires (contrôle par accord, pas par pourcentage)
  • Changements non formalisés : cession économique réalisée, mais registre pas mis à jour

C’est quoi un « ayant droit économique » dans la vraie vie ?

On parle d’une personne physique qui, directement ou indirectement, exerce un contrôle.

Le contrôle peut venir :

  • de la détention de droits (actions/parts)
  • de droits de vote
  • d’un pouvoir de décision (accords, pactes, droits de nomination, etc.)

Et oui : parfois, l’ADE n’est pas celui qui « apparaît » dans les documents de base.

Observation de terrain (Genève) : le problème sort au pire moment

En pratique, beaucoup de PME genevoises découvrent le sujet quand :

  • la banque demande une mise à jour KYC et pose des questions précises
  • un investisseur veut entrer et demande une data room
  • le réviseur (ou le fiduciaire) vous demande « qui contrôle vraiment ? » et que personne n’a la réponse documentée

Résultat ? On reconstruit l’historique dans l’urgence, on court après des copies de passeport, et on se rend compte que le registre des actions n’a pas été signé depuis trois ans.

Fonctionnement du registre fédéral de transparence et articulation avec le registre des actions et des parts sociales

Deux registres, deux logiques : ne mélangez pas tout

Vous allez jongler avec deux niveaux :

  1. Registre interne (registre des actions pour SA, registre des parts sociales pour Sàrl)
  2. Registre fédéral de transparence (déclaration des ADE)

Le registre interne sert à constater qui est actionnaire/associé selon le droit des sociétés. Le registre fédéral vise la transparence sur le contrôle réel.

(source: Code des obligations suisse (notamment art. 690 SA, 790a et suiv. Sàrl))

SA : registre des actions vs réalité économique

Dans une SA, vous pouvez avoir :

  • des actionnaires inscrits (personnes physiques ou morales)
  • des ayants droit économiques derrière (personnes physiques)

Exemple typique : une SA genevoise détenue à 100% par une holding vaudoise. Le registre des actions mentionne la holding. Le registre de transparence s’intéresse aux personnes physiques qui contrôlent la holding (et donc, indirectement, la SA genevoise).

Sàrl : registre des parts sociales, souvent plus clair… jusqu’au jour où

En Sàrl, l’associé est souvent une personne physique, donc c’est plus lisible. Mais dès que :

  • un associé est une société
  • vous avez des droits de vote particuliers
  • un pacte d’associés organise le contrôle

… la question ADE revient.

Articulation avec le registre du commerce : ce qui est public vs ce qui ne l’est pas

Le registre du commerce publie des informations (raison sociale, siège, but, organes, capital, etc.). Il ne publie pas forcément la chaîne de contrôle économique complète.

Le registre fédéral de transparence vient compléter ce tableau.

(source: FAQ officiels sur le registre du commerce (ch.ch))

(source: Fonctions et explications sur le registre du commerce (kmu.admin.ch))

Qui a accès au registre fédéral ?

La question revient tout le temps : « Est-ce que mes concurrents vont voir mes actionnaires ? »

Le principe est que l’accès est encadré. On parle d’un outil de transparence pour les autorités et certains acteurs selon les règles prévues.

Ne partez pas du principe que « personne ne verra jamais ». Partez du principe inverse : tout ce que vous déclarez doit être défendable.

(source: Introduction d’un registre fédéral des ayants droit économiques (SECO))

Tableau 1 — Registre des actions/parts sociales vs registre fédéral de transparence

SujetRegistre des actions (SA) / parts sociales (Sàrl)Registre fédéral de transparence
FinalitéDroit des sociétés : qui est actionnaire/associé inscritTransparence : qui contrôle réellement (ADE)
SupportInterne à la sociétéDéclaration centralisée
Mise à jourÀ chaque transfert/inscription, décisions, etc.À chaque changement pertinent d’ADE (selon règles)
PreuvesContrats, décisions, justificatifs d’identité, registre signéJustificatifs et traçabilité de l’analyse ADE
Risque principalRegistre incomplet = problèmes de gouvernance, dividendes, droits de voteNon-déclaration ou déclaration fausse = sanctions et blocages

Documentation et contrôles internes requis : vérifications, accès, conservation des données

Vous voulez éviter les ennuis ? Traitez ça comme un mini-projet de conformité interne. Pas besoin d’une usine à gaz, mais il faut une méthode.

Les documents qu’on vous demandera (et qu’on devrait déjà avoir)

Voici la base, celle qu’on réclame en pratique quand on fait un audit de dossier :

  • registre des actions/parts sociales à jour (avec dates, signatures, transferts)
  • statuts à jour + éventuels règlements d’organisation
  • pactes d’actionnaires/associés (si existants)
  • organigramme de groupe (si actionnaire personne morale)
  • extrait registre du commerce des sociétés actionnaires (si applicable)
  • pièces d’identité des personnes physiques concernées (selon exigences)
  • preuve d’adresse / domicile (selon exigences)
  • procès-verbaux pertinents (augmentation de capital, transfert, nomination)

Checklist 1 — Dossier ADE « propre » (ce que vous devez pouvoir sortir en 30 minutes)

  • Registre des actions/parts sociales mis à jour et signé
  • Liste des actionnaires/associés avec % de détention et droits de vote
  • Identification des personnes physiques contrôlantes (direct/indirect)
  • Schéma de détention daté (même simple, mais clair)
  • Copie des documents justificatifs (contrats, extraits, PV)
  • Pièces d’identité et coordonnées des ADE
  • Historique des changements (qui, quoi, quand)
  • Responsable interne désigné (qui fait quoi)

Vérifications internes : qui fait le contrôle et à quel rythme ?

À notre avis, la meilleure approche reste simple :

  • Contrôle à l’événement : dès qu’il y a un changement (cession, entrée d’investisseur, réorganisation)
  • Contrôle annuel : au bouclement, on vérifie que le registre interne et la situation ADE racontent la même histoire

Et on désigne un responsable : souvent le CFO, le secrétaire du conseil, ou la fiduciaire si elle a mandat.

Accès aux données : limitez, tracez, sécurisez

Vous allez manipuler des données sensibles (identité, domicile, parfois structure patrimoniale). Deux règles :

  • accès limité aux personnes qui en ont besoin (administration, finance, compliance)
  • traçabilité : qui a consulté, qui a modifié, quand

Un dossier partagé sans contrôle, c’est le genre de détail qui vous explose au visage lors d’un conflit d’actionnaires.

Conservation : combien de temps et sous quelle forme ?

Gardez une logique de conservation cohérente avec vos obligations légales et votre gouvernance interne :

  • versionner les documents (ne pas écraser)
  • conserver les preuves des analyses ADE (même si la structure est simple)
  • archiver les anciennes situations (utile en cas de contrôle ou litige)

Procédure étape par étape : comment identifier et déclarer correctement un ADE

On passe en mode concret. Voici une méthode qui marche, même quand l’actionnariat est un peu tordu.

Étape 1 — Cartographier la détention (sans se raconter d’histoires)

  • listez les actionnaires/associés inscrits
  • notez % capital et % droits de vote
  • repérez les actionnaires personnes morales

Objectif : obtenir une photo claire de la détention « juridique ».

Étape 2 — Remonter jusqu’aux personnes physiques

Pour chaque actionnaire personne morale :

  • demandez l’actionnariat de cette société (ou un organigramme)
  • identifiez les personnes physiques qui contrôlent

Si on vous répond « c’est une holding, c’est tout », vous n’avez pas fini.

Étape 3 — Tester le contrôle : capital, votes, accords

Posez-vous trois questions :

  1. Qui a le pouvoir de décider en assemblée ?
  2. Qui nomme/révogue les organes ?
  3. Y a-t-il un pacte qui donne le contrôle à quelqu’un qui n’a pas la majorité ?

Étape 4 — Documenter votre analyse (le point que tout le monde bâcle)

Vous devez pouvoir expliquer votre conclusion ADE à un tiers :

  • pourquoi cette personne est ADE
  • sur quelle base (détention, votes, pacte)
  • avec quelles preuves

Une phrase du type « c’est le propriétaire » ne vaut rien sans pièces.

Étape 5 — Déclarer et garder la preuve de la déclaration

Une fois la déclaration faite, gardez :

  • la confirmation de dépôt
  • la version déclarée
  • la date

Et surtout : mettez un rappel interne pour vérifier lors du prochain changement.

Ark Fiduciaire

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Cas pratique chiffré (Genève) : une SA de conseil avec holding et pacte d’actionnaires

Prenons un cas réaliste qu’on voit souvent à Genève.

Société : Alpha Conseils SA, Genève

  • Chiffre d’affaires 2025 : CHF 1’850’000
  • Résultat avant impôt : CHF 240’000
  • Actionnariat inscrit au registre des actions :
  • Holding Léman SA (Vaud) : 70%
  • Mme R. (Genève) : 30%

Derrière Holding Léman SA :

  • M. K. (France) : 60% des actions et 60% des droits de vote
  • Mme T. (Genève) : 40% des actions et 40% des droits de vote

Pacte d’actionnaires (entre M. K. et Mme T.) :

  • Mme T. a un droit de nomination de 2 administrateurs sur 3
  • certaines décisions stratégiques exigent son accord

Question : qui est ADE de Alpha Conseils SA ?

  • Si on regarde juste la détention indirecte :
  • M. K. contrôle indirectement 70% × 60% = 42%
  • Mme T. contrôle indirectement 70% × 40% = 28%
  • Mme R. détient directement 30%

Mais le contrôle ne se résume pas à une multiplication. Le pacte donne à Mme T. un pouvoir de nomination et un droit de blocage sur des décisions clés.

Conclusion pratique :

  • M. K. est très probablement ADE (contrôle économique significatif via la holding)
  • Mme T. peut aussi être considérée ADE si ses droits contractuels lui donnent un contrôle effectif
  • Mme R. : selon les critères de contrôle retenus, elle peut être ADE ou non. Avec 30% sans droits particuliers, ça dépendra des règles précises applicables et de la structure de gouvernance.

Ce cas illustre le vrai sujet : vous devez analyser le contrôle, pas juste recopier un tableau d’actionnariat.

(source: Registre suisse de transparence et ses conséquences pour les sociétés et leurs actionnaires (actualité 26.05.2026))

Ce que ça change pour le conseil d’administration et la gérance : responsabilités et réflexes

SA : le CA ne peut pas faire l’autruche

À Genève, on voit encore des CA « de façade » qui signent les PV et basta. Mauvaise idée.

Le CA doit s’assurer que :

  • le registre des actions est tenu correctement
  • les transferts sont documentés
  • l’identification ADE est faite et mise à jour

Si vous êtes administrateur, vous n’avez pas envie d’expliquer à une autorité que « vous ne saviez pas ».

Sàrl : la gérance est en première ligne

En Sàrl, la gérance gère souvent tout : banque, facturation, RH… et maintenant transparence.

Le bon réflexe : intégrer la vérification ADE dans vos processus existants :

  • onboarding d’un nouvel associé
  • modification de statuts
  • cession de parts

Contrôles, demandes d’informations et interactions avec les banques (et la LBA)

Vous allez voir un effet collatéral : les banques et certains intermédiaires financiers vont poser des questions plus pointues, et plus vite.

Ce que la banque va vous demander (et ce qu’elle compare)

En pratique, la banque compare :

  • vos déclarations et documents internes
  • ce qu’elle obtient via ses propres procédures
  • les informations disponibles via les registres et extraits

Si ça ne colle pas, vous partez en « clarification ». Et ça peut bloquer :

  • l’ouverture d’un compte
  • un crédit
  • un paiement sensible

Anecdote de terrain : le virement qui ne part pas

On a déjà vu un cas où une PME genevoise devait payer CHF 180’000 à un fournisseur. La banque a bloqué le paiement, pas pour un problème de solvabilité, mais parce que l’actionnaire inscrit était une société étrangère et que l’ADE n’était pas documenté correctement. Deux semaines perdues, tension commerciale, et au final… on a refait le dossier en urgence.

Documentation et contrôles internes : modèle simple de gouvernance (qui fait quoi)

Vous n’avez pas besoin d’un département compliance. Vous avez besoin d’une répartition claire.

Tableau 2 — Répartition des tâches (modèle pragmatique pour PME)

TâcheResponsable interneSupport externe (si mandat)Fréquence
Tenue registre actions/partsSecrétaire du CA / GérantFiduciaireÀ chaque changement
Analyse ADE (contrôle direct/indirect)CFO / GérantFiduciaire / conseilÀ chaque changement + annuel
Collecte pièces (ID, organigrammes)AdministrationFiduciaireÀ l’entrée + mise à jour
Déclaration au registre fédéralOrgane désignéFiduciaire (si procuration)À chaque changement
Archivage et sécuritéIT/AdministrationFiduciaire (copie dossier)Continu

Checklist 2 — Contrôle annuel au bouclement (30 minutes, pas plus)

  • Registre actions/parts : transferts de l’année enregistrés et signés
  • PV d’AG / décisions : cohérents avec l’actionnariat
  • ADE : même photo que l’année précédente ? Si non, pourquoi ?
  • Pièces d’identité : valides et lisibles
  • Organigramme groupe : mis à jour et daté
  • Dossier archivé : version 2026 séparée de 2025

3 erreurs qui coûtent cher aux SA et Sàrl genevoises (et comment les corriger)

Erreur 1 — Confondre actionnaire inscrit et ADE

Symptôme : « Notre actionnaire, c’est Holding X. »

Problème : le registre de transparence veut la personne physique derrière.

Correction : remonter la chaîne de détention, obtenir un organigramme daté, identifier les personnes physiques contrôlantes, documenter.

Erreur 2 — Avoir un registre des actions/parts sociales “à moitié”

Symptôme : registre Excel non signé, transferts non datés, documents manquants.

Problème : vous ne pouvez pas prouver la situation, ni justifier une déclaration.

Correction : reconstituer l’historique, faire valider les transferts, mettre le registre au propre, archiver les pièces.

Erreur 3 — Oublier les pactes et droits particuliers

Symptôme : « On a un pacte, mais c’est confidentiel, donc on n’en parle pas. »

Problème : le contrôle peut venir d’un accord, pas seulement d’un pourcentage.

Correction : analyser les clauses de contrôle (nomination, veto, quorum), documenter l’impact sur l’ADE, conserver une copie sécurisée.

Bonus — Le retard d’annonce “parce qu’on verra plus tard”

C’est humain. Mais c’est exactement ce qui crée un risque : vous vous retrouvez avec une situation réelle différente de la situation déclarée.

Conséquences et risques en cas de non-conformité, oublis ou retard dans les annonces

On va être clair : le risque n’est pas seulement une sanction théorique. Le risque, c’est l’effet domino.

Risques juridiques et organisationnels

  • contestations internes (actionnaires/associés) si les droits ne sont pas clairs
  • blocage de décisions si la gouvernance est contestée
  • difficultés lors d’une vente, d’une levée de fonds, d’une fusion

Risques opérationnels (ceux qui font mal tout de suite)

  • banque qui demande des clarifications et ralentit vos opérations
  • réviseur qui met des réserves ou demande des compléments
  • partenaires qui exigent une transparence avant de signer

Risques de sanctions

Les textes prévoient des conséquences en cas de manquement (non-déclaration, déclaration inexacte, retard, défaut de documentation). Les modalités exactes (type de sanction, procédure) dépendent du cadre légal et de son application.

Le point pratique : même sans parler de montants, une procédure ou un contrôle, c’est du temps, des honoraires, et une distraction énorme pour une PME.

(source: Loi fédérale sur la transparence des personnes morales et l’identification des ayants droit économiques (LTPM))

Comment se préparer en 2026 sans y passer des semaines : plan d’action réaliste

1) Faites un état des lieux (une fois, correctement)

  • actionnariat actuel
  • chaîne de détention
  • pactes existants
  • registre interne à jour ou non

2) Nettoyez le registre des actions/parts sociales

Si votre registre interne est bancal, tout le reste sera bancal.

3) Montez un dossier ADE standard

Un dossier par société, avec une structure fixe. Le but : que ce soit reproductible.

4) Mettez un déclencheur “changement = revue ADE”

Chaque fois qu’il y a :

  • cession
  • augmentation de capital
  • entrée/sortie d’associé
  • modification de droits de vote
  • pacte signé/modifié

… vous revoyez l’ADE.

5) Faites valider par quelqu’un qui sait lire un pacte

C’est souvent là que ça coince. Un pacte peut donner le contrôle sans majorité. Si vous ne le voyez pas, vous déclarez faux sans le vouloir.

Questions qui reviennent tout le temps (et réponses franches)

« On est une petite Sàrl à deux associés, on est vraiment concernés ? »

Oui. La taille ne change pas l’obligation. Ce qui change, c’est la complexité : à deux associés personnes physiques, c’est souvent simple… tant que le registre est propre.

« Si l’actionnaire est une société étrangère, on fait comment ? »

Vous remontez jusqu’aux personnes physiques qui contrôlent. Ça veut dire demander des documents (organigramme, extraits, attestations) et garder la preuve. Si l’actionnaire refuse de coopérer, vous avez un vrai sujet de gouvernance.

« Est-ce que le registre fédéral remplace le registre des actions ? »

Non. Le registre des actions/parts sociales reste une obligation de droit des sociétés. Le registre fédéral ajoute une couche transparence.

« Qui doit faire la déclaration : le notaire, la fiduciaire, l’administrateur ? »

La responsabilité est celle de la société et de ses organes. Une fiduciaire peut exécuter si elle a mandat, mais vous ne transférez pas la responsabilité comme par magie.

« Quel lien avec la LBA et les contrôles bancaires ? »

Les banques et intermédiaires financiers ont déjà des obligations d’identification des ayants droit économiques. Le registre fédéral renforce la cohérence attendue entre ce que vous déclarez, ce que vous documentez, et ce que la banque constate.

« Si on se trompe de bonne foi, c’est grave ? »

La bonne foi aide rarement quand vous n’avez pas de dossier. Ce qui vous protège, c’est une analyse documentée : vous montrez votre raisonnement, vos pièces, vos dates. Sans ça, vous êtes à poil.

FAQ (Définitions, cas pratiques, qui est concerné, liens avec la LBA, accès au registre, sanctions)

1) C’est quoi la différence entre bénéficiaire effectif et ayant droit économique ?

Dans la pratique, on parle souvent de la même réalité : la personne physique qui contrôle réellement. Les termes varient selon les textes et les contextes (banques, droit des sociétés, transparence), mais l’idée reste : identifier la personne derrière la structure.

2) Une personne avec 25% des actions est automatiquement ADE ?

Pas automatiquement « dans tous les cas », parce que le contrôle peut dépendre des droits de vote, des accords, des quorums. Mais une détention significative déclenche presque toujours une analyse sérieuse. Si vous avez 25% et un droit de veto, la réponse change vite.

3) Qui est concerné : uniquement SA et Sàrl ?

Les SA et Sàrl sont clairement au centre du sujet pour les PME. D’autres formes peuvent être concernées selon le périmètre légal. Le bon réflexe : vérifier votre forme juridique et votre structure de détention.

(source: Loi fédérale sur la transparence des personnes morales et l’identification des ayants droit économiques (LTPM))

4) Quel lien concret avec la LBA (banques, gérants, trustees) ?

La LBA impose déjà des contrôles d’identité et d’ADE dans les relations d’affaires. Le registre fédéral ajoute une exigence de cohérence et de traçabilité. Si votre dossier interne est faible, vous allez le sentir lors d’un onboarding bancaire ou d’une revue périodique.

5) Qui a accès au registre fédéral de transparence ?

L’accès est encadré par les règles applicables. Retenez surtout ceci : vous devez déclarer des informations exactes et défendables, parce que des autorités et acteurs autorisés peuvent les consulter.

(source: Introduction d’un registre fédéral des ayants droit économiques (SECO))

6) Qu’est-ce que je risque si je ne déclare pas ou si je déclare faux ?

Vous vous exposez à des conséquences prévues par la loi (sanctions, mesures, complications administratives) et, très souvent, à des effets pratiques immédiats : blocages bancaires, due diligence qui s’éternise, tensions entre actionnaires.

(source: Loi fédérale sur la transparence des personnes morales et l’identification des ayants droit économiques (LTPM))


Références

Ayants droit économiques et registre des actions : obligations pratiques pour SA et Sàrl dès 2026

À partir de fin 2026, la Suisse introduira un registre fédéral central des ayants droit économiques pour renforcer la transparence des personnes morales, en particulier pour les SA et Sàrl. Cet article détaille les obligations de déclaration, la gestion des registres d'actions ou de parts sociales, la documentation à conserver, les mécanismes de contrôle et les risques juridiques en cas d'omission.

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